Origine et signification
Le quartier de Montcalm se situe dans la haute-ville, à Québec, entre les quartiers de Saint-Sacrement, à l'ouest, et de Saint-Jean-Baptiste, à l'est. Originellement constitué de terres à vocation agricole, cet espace deviendra, au fil du XIXe siècle, le refuge des gens fortunés préférant le calme de la campagne à l'intense activité de la ville, toute proche. Ce territoire porte d'abord le nom Faubourg-Guénette. Puis, en 1855, on y érige la municipalité de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec. Le 25 avril 1908, la municipalité devient la ville de Montcalm. Cinq ans plus tard, soit le 10 octobre 1913, celle-ci sera annexée à la ville de Québec. Au début du XXe siècle, l'histoire du quartier est marquée par la création du parc des Champs-de-Bataille qui se confond avec l'histoire des plaines d'Abraham. Le quartier de Montcalm a toujours su conserver sa vocation résidentielle. Ses paysages et son patrimoine bâti constituent aujourd'hui une référence.
Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759), à qui l'on doit l'appellation de ce quartier, a été blessé à mort le 13 septembre 1759 lors de la célèbre bataille des plaines d'Abraham, où l'armée française a connu la défaite contre les troupes anglaises du général James Wolfe (1727-1759).
Notice biographique
Louis-Joseph de Montcalm, marquis de Montcalm (Vestruc-et-Candiac, France, 1712 – Québec, 1759), est un lieutenant-général français, principalement connu pour avoir coordonné la défense de la Nouvelle-France de 1756 à 1759. Issu de la noblesse et se destinant au métier des armes dès son jeune âge, il entame sa carrière militaire active pendant la guerre de la Succession de Pologne (1733-1738). Par la suite, Louis-Joseph de Montcalm se distingue par sa bravoure au cours de la guerre de la Succession d'Autriche (1740-1748). En raison de ses faits d'armes, il est promu colonel en 1743, puis brigadier en 1747.
Dans le contexte de la guerre de Sept Ans (1756-1763), Louis-Joseph de Montcalm, récemment nommé maréchal de camp, reçoit la mission de veiller à la défense de la Nouvelle-France. Il arrive à Québec en mai 1756 et sert sous le commandement du gouverneur général Pierre de Rigaud de Vaudreuil (1698-1778), avec qui il entretient dès le départ une relation tendue, les deux hommes s'opposant sur leur vision de la guerre. Néanmoins, les troupes françaises enchaînent les succès avec la prise du fort britannique d'Oswego, sur la rive sud du lac Ontario, en 1756, puis une expédition victorieuse contre le fort William-Henry, dans l'État actuel de New York, en 1757. L'année suivante, Louis-Joseph de Montcalm remporte la bataille de Carillon, repoussant une armée de plus 15 000 hommes avec quelque 3500 soldats et miliciens. À la suite de ce triomphe, il est promu au grade de lieutenant-général, en octobre 1758, et se voit confier le commandement de toutes les forces militaires en Nouvelle-France, devenant ainsi le supérieur de son rival, Pierre de Rigaud de Vaudreuil.
Pressentant la défaite devant la supériorité numérique croissante des Britanniques et la chute de la forteresse de Louisbourg, Louis-Joseph de Montcalm se replie dans la vallée du Saint-Laurent, implore les autorités de la métropole pour qu'on lui fasse parvenir des ressources supplémentaires et prépare la ville de Québec pour une offensive inévitable. Le 26 juin 1759, les troupes du major-général James Wolfe (1727-1759) accostent à l'île d'Orléans, entamant ainsi le siège de la capitale coloniale, qui durera près de trois mois. Louis-Joseph de Montcalm repousse un premier assaut des Britanniques lors de la bataille de Beauport, le 31 juillet 1759. Toutefois, il est pris par surprise lorsque James Wolfe, redoutant l'approche de l'hiver, tente un débarquement plus près de Québec, à l'anse au Foulon, dans la nuit du 12 au 13 septembre. Le lendemain, alors que les Britanniques prennent position sur les plaines d'Abraham, le marquis de Montcalm les attaque sans attendre les renforts commandés par son aide de camp, Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811). L'affrontement tourne rapidement à l'avantage des troupes régulières britanniques, mieux rompues aux batailles rangées à l'européenne. Blessé au cours de la retraite, Louis-Joseph de Montcalm succombe le 14 septembre. Québec capitule quelques jours plus tard et ne pourra être reprise par l'armée française.
La mémoire de Louis-Joseph de Montcalm, personnage marquant de la guerre de la Conquête qui a donné sa vie pour la défense de la colonie, est très honorée au Québec.
Sources
Itinéraire toponymique du Saint-Laurent : ses rives et ses îles, [Québec, Commission de toponymie], 1984, p.158.
Ville de Québec. Division de l’aménagement du territoire. Centre de développement économique et urbain. Plan directeur - Quartier Montcalm : Constats et orientations, août 2001.
Dictionnaire biographique du Canada (consulté en décembre 2022)
Répertoire du patrimoine culturel du Québec (consulté en décembre 2022)
Site Web de l'Encyclopédie Britannica (consulté en décembre 2022)
Site Web de l'Encyclopédie canadienne (consulté en décembre 2022)
Date d'officialisation
1988-11-01
Spécifique
Montcalm
Générique (avec ou sans particules de liaison)
Type d'entité
Quartier
Région administrative
Capitale-Nationale
Municipalité régionale de comté (MRC)
Hors MRC
Municipalité
Québec (Ville)
Code géographique de la municipalité
23027
Latitude Longitude (coord. sexagésimales)
46° 48' 05"
-71° 13' 53"
Latitude Longitude (coord. décimales)
46.80139
-71.23138
Carte topographique 1/50 000
21L/14
Carte topographique 1/20 000
21L/14-0102