Origine et signification
Depuis le lac Mégantic, où se trouve sa source principale, la rivière Chaudière parcourt près de 200 km en direction nord avant d'atteindre le fleuve Saint-Laurent à la hauteur du pont de Québec. Tranchant l'axe des plis appalachiens, à travers un bassin de 6 690 km², elle reçoit de nombreux affluents parmi lesquels on remarque les rivières du Loup, de la Grande Coudée, Famine, Chassé, Beaurivage et le bras Saint-Victor. Aux pentes raides marquées par des cascades et des rapides qui caractérisent son cours supérieur jusqu'au pied des rapides du Diable, juste en amont de Beauceville, succède une vallée étalée, les fonds de la Beauce, régulièrement inondés au printemps ou lors de fortes pluies. De spectaculaires chutes, situées près de Charny, ponctuent le cours inférieur de la rivière qui rejoint ainsi le fleuve à travers une tranchée soumise à la fluctuation des marées.
La dénomination Chutes de la Chaudière a été étendue à la rivière Chaudière. C'est pourtant sous le nom de Rivière des Etechemins que Champlain l'inscrit sur ses cartes de 1612 et de 1632 : il signalait ainsi que cette rivière était la voie déjà utilisée par les Etchemins dans leurs déplacements entre la côte de l'Atlantique et Québec – ils ne seront pas les seuls d'ailleurs puisque le général américain Arnold l'utilisera en 1775 pour envahir Québec –. Par la suite, depuis la Relation des Jésuites de 1651 jusqu'aux environs de 1737, les documents parlent presque uniquement de la Rivière du Sault de la Chaudière, puis, jusque vers la fin du XVIIIe siècle, Rivière de la Chaudière sera l'usage habituel tandis que la forme apposée Rivière Chaudière s'implantera par la suite, probablement sous l'influence de la cartographie et de l'usage en langue anglaise. Quant à Sault de la Chaudière, on lui préférera la forme Chutes ou Chute de la Chaudière et, plus anciennement, de Charny.
Au cours des siècles, la rivière a connu quelques désignations plus ou moins éphémères. Ainsi, vers la fin du XVIIe siècle, les Abénaquis installés près des chutes l'avaient appelée Kikonteku, ce qui, suivant l'abbé Provost, signifiait rivière des champs. Quant au nom Méchatigan Msakkikkan, rivière ombreuse, déformé en Sartigan et même en Saint-Igan, il semble avoir servi à désigner l'ensemble de la Nouvelle-Beauce tout aussi bien que la rivière vers le milieu du XVIIIe siècle, c'est-à-dire peu après la concession et le début du peuplement des seigneuries. Les Abénaquis actuels la désignent Papawikotekw, ce qui signifie rivière de la chaudière en étain. Reste le cas de Rivière Bruyante qui, sur les cartes de Champlain, s'applique à la rivière Etchemin; pourtant, dans une lettre datée de 1804, le seigneur Gabriel-Elzéar Taschereau parle bel et bien de « la rivière Chaudière (ou Bruyante) », ce dernier nom étant d'ailleurs cité dès 1686 dans l'acte de concession de la seigneurie de Lauzon.
Sources
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.
Date d'officialisation
1968-12-05
Spécifique
Chaudière
Générique (avec ou sans particules de liaison)
Rivière
Type d'entité
Rivière
Région administrative
Chaudière-Appalaches
Municipalité régionale de comté (MRC)
Hors MRC
Municipalité
Lévis (Ville)
Code géographique de la municipalité
25213
Latitude Longitude (coord. sexagésimales)
46° 44' 32"
-71° 16' 45"
Latitude Longitude (coord. décimales)
46.74222
-71.27917
Carte topographique 1/50 000
21L11
Carte topographique 1/20 000
21L11 -0201