Origine et signification
À l'endroit de l'actuelle place Jacques-Cartier s'y déployait, en 1724, les jardins du gouverneur Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil (1643-1725), à l'arrière de sa résidence de la rue Saint-Paul. Après l'incendie de 1803 qui détruisit le collège de Montréal, installé dans les murs du château de Vaudreuil, les autorités municipales aménagèrent le « Marché Neuf » à l'emplacement des jardins. Ce changement de vocation survint lorsque messieurs Joseph Périnault et Jean-Baptiste Durocher donnèrent à la Ville une partie de leurs terrains dévastés afin qu'elle y installa « à toujours » une place du marché. Par la suite, ils lotirent le reste des terrains. On aménaga alors, pour le marché, des bâtiments sur un terre-plein entre les rues Saint-Charles (1672) et de la Fabrique (1817), rues qui ne furent plus considérées comme des rues indépendantes et qui disparaissèrent de la toponymie. Le 12 février 1847, après l'ouverture du marché Bonsecours (1845), la place Jacques-Cartier prit son nom actuel. Compte tenu des clauses de l'acte de cession, la place doit demeurer près de sa fonction de marché public, et ce, malgré la disparition des bâtiments. Les clauses de cette transaction lient encore aujourd'hui les autorités municipales. Seul le petit kiosque à fleurs maintient cette fonction marchande. La colonne Nelson qui se dresse au sommet du coteau fut érigée en 1803, à la suite d'une souscription publique entreprise dès que la nouvelle de la mort de l'amiral Horatio Nelson (1758-1805), combattant Napoléon Bonaparte (1769-1821), fut connue à Montréal, le 30 décembre 1805. Même si ses dimensions font paraître comme une réduction de la colonne de Trafalgar Square à Londres, la colonne montréalaise précède de 30 ans le monument anglais. Bien qu'il ait eu une carrière navale, l'amiral tourne le dos au fleuve; il considère du haut de ses 50 pieds le lieutenant de vaisseau français, Vauquelin, qui lui fait face sur la place qui porte son nom. Date de désignation : 12 février 1847. Anciennement : Rue Saint-Charles, Rue de la Fabrique.
Notice biographique
Jacques Cartier (Saint-Malo, France, 1491 – id., 1557), navigateur français, effectue trois voyages au Canada entre 1534 et 1542. Il est le premier explorateur du golfe du Saint-Laurent.
Son premier voyage vers le Nouveau Monde débute le 20 avril 1534 lorsqu'il quitte le port de Saint-Malo, chargé par le roi François Ier de trouver de l'or et un passage vers l'Asie. Lors de cette expédition, Jacques Cartier a deux navires et un équipage de 61 hommes. Il explore l'île d'Anticosti, le golfe du Saint-Laurent et, le 24 juillet, il érige une croix dans la baie de Gaspé pour marquer la possession des lieux au nom du roi de France. Cette première expédition lui permet d'établir des relations importantes avec les Autochtones qui habitent ce territoire depuis longtemps. Jacques Cartier est de retour à Saint-Malo le 5 septembre 1534.
Chargé d'une nouvelle commission afin de parfaire ses découvertes de l'année précédente, Cartier entreprend son deuxième voyage le 19 mai 1535. De Saint-Malo, il prend la mer avec trois navires et quelque 110 hommes : la Grande Hermine, le navire amiral, un galion de trois-mâts jaugeant 100 tonneaux dont Cartier est le capitaine; la Petite Hermine (60 tonneaux) et l'Émérillon (40 tonneaux). Au cours de ce voyage, Cartier remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu'au village autochtone d'Hochelaga (Montréal), et il passe un hiver difficile à Stadaconé (Québec) notamment en raison du scorbut qui frappe son équipage. Forcé d'abandonner la Petite Hermine, Cartier rentre en France le 16 juillet 1536 avec à son bord Donnacona, chef du village iroquoien de Stadaconé, et neuf autres Autochtones.
Enfin, en 1541, sous les ordres de Jean-François de La Roque de Roberval, commandant en chef de la troisième expédition française, Cartier prend la mer au mois de mai 1541, avec cinq navires, dont la Grande Hermine et l'Émérillon et un équipage que certains estiment à plus d'un millier d'hommes. Il tente d'établir la première colonie française en Amérique et se fixe à l'embouchure de la rivière du Cap Rouge qu'il nomme Charlesbourg-Royal. Cartier quitte la colonie en juin 1542, alors que Roberval est en route pour le Canada. Ils se rencontrent à Terre-Neuve et Cartier choisit de retourner à Saint-Malo. Premier cartographe du Saint-Laurent, il reconnaît que l'or et les diamants trouvés s'avèrent être de la pyrite de fer et du quartz.
En France, Jacques Cartier, que d'aucuns le qualifient d'ordinaire de noble homme, se consacre désormais aux affaires et à la mise en valeur de Limoëlou, nom du domaine qu'il possède tout près de Saint-Malo, en Bretagne.
Sources
Les rues de Montréal : répertoire historique, 1995.
Site Web Dictionnaire biographique du Canada, Jacques Cartier. (Consulté le 30 juin 2023).
Date d'officialisation
1990-01-25
Spécifique
Jacques-Cartier
Générique (avec ou sans particules de liaison)
Place
Type d'entité
Place (voie)
Région administrative
Montréal
Municipalité régionale de comté (MRC)
Hors MRC
Municipalité
Montréal (Ville)
(Montréal)
Code géographique de la municipalité
66023
Dans une adresse, on écrirait, par exemple :
10, place Jacques-Cartier
Sur un panneau de signalisation routière, on écrirait, par exemple :
Place Jacques-Cartier