Normes et procédures

Sources d'inspiration recommandées

Ressources historiques et folkloriques du milieu

Pour la désignation de lieux, il convient de s'inspirer des faits, des événements et des personnages historiques ou folkloriques qui ont marqué la vie locale ou régionale.

Exemple :

La municipalité régionale de comté appelée Les Pays-d'en-Haut. Ce régionyme d'usage répandu désigne la contrée au nord de Montréal. Déjà, au XVIIe siècle, les explorateurs et les coureurs des bois se servaient de ce toponyme que l'œuvre de colonisation du curé Labelle et les écrits de Claude-Henri Grignon ont très largement contribué à diffuser par la suite. Il était donc parfaitement justifié de redonner vie à ce toponyme lors de la création de cette MRC en 1982.

Ressources de la géographie

La dénomination de lieux tire avantage de s'inspirer des caractéristiques du milieu naturel environnant (flore, faune, géologie, etc.).

Le milieu géographique a suggéré des noms d'entités géographiques naturelles comme Montagne aux Érables, Lac Emmuraillé, Rivière Qui-Mène-du-Train, Rapide Danseur, ce qui renforce mutuellement l'image que le paysage projette et celle que le nom évoque. Afin que les noms choisis reflètent adéquatement les caractéristiques du milieu, il est souhaitable de retrouver un lien logique entre les noms d'inspiration géographique et les lieux à désigner. Ainsi, l'attribution du nom Rue des Peupliers à une nouvelle voie de communication qui serait dépourvue de cette essence forestière et qui ne ferait même pas partie d'un système de noms établi d'après des catégories d'arbres serait contre-indiquée.

Préservation des régionalismes

Il importe d'accorder un soin particulier à la préservation des régionalismes dans la toponymie.
La constitution d'une toponymie authentique repose sur la conservation et la mise en valeur des termes de la langue générale propres au français québécois qui entrent dans la composition des génériques et des spécifiques. Il arrive en effet trop souvent qu'en vertu d'une certaine idée de la modernité, bien intentionnée la plupart du temps mais aussi source de déculturation, on se trouve à favoriser la disparition de noms savoureux et évocateurs au profit de noms plus banals. La préservation des régionalismes est l'un des moyens pour conserver à la toponymie son authenticité.

Exemples :

Coulée des Vaches (ruisseau); Coulée de la Pointe aux Fraises (ravin); Barrage de la Mare-du-Sault; Zec des Passes (zone d'exploitation contrôlée); District électoral des Écores; Chemin de la Dame-en-Terre.

Milieu autochtone

Dans les régions habitées ou fréquentées par les populations autochtones, la Commission accorde une attention particulière à la toponymie des Amérindiens et des Inuits dans la dénomination des lieux.

Le retour aux noms autochtones pour désigner les villages amérindiens ou nordiques de la Baie-James et de l'Ungava s'inscrit dans ce mouvement. Aussi, ne parle-t-on plus de Nouveau-Comptoir ni de Paint Hills, mais désormais de Wemindji; il en est de même pour Kangiqsujuaq qui a remplacé Maricourt et Wakeham. Une action analogue a eu lieu dans le Québec méridional.

Désignations commémoratives

Des personnes, des organismes, des collectivités ou des événements peuvent faire l'objet de désignations commémoratives s'ils ont joué un rôle important pour la communauté québécoise.

Exemples :

Mont Jean-Charles-Bonenfant; Pont Charles-De Gaulle; Baie Elizabeth-Ann-Beach; Portage Ikwe (mot algonquin signifiant femme; le toponyme fut attribué à l'occasion d'un 8 mars, Journée internationale des femmes); Côte de la Grande Traversée (allusion au premier voyage de Jacques Cartier, en 1534).

Noms de personnes

Lorsqu'on honore la mémoire d'une personne par l'attribution de son nom à un lieu, on devrait privilégier le nom sous lequel elle est la mieux connue; il peut s'agir du nom complet ou d'une forme usuelle.

Le choix de l'anthroponyme commémoratif doit permettre d'identifier correctement la personne honorée. On s'efforce généralement de retenir le nom complet de la personne (prénom(s) et nom de famille).

Si l'on juge trop long le nom complet ou usuel, on devrait alors recourir au segment le plus connu à titre d'élément spécifique, dans la mesure où l'omission de constituants ne suscite pas la confusion.

Exemple avec le nom complet :

Boulevard Henri-Bourassa.

Exemple avec la partie du nom la plus connue :

Rue La Hontan.

En effet, si l'on désirait honorer la mémoire de Louis Armand de Lom d'Arce, baron de La Hontan, par l'attribution de son nom à une voie de communication, il conviendrait alors de choisir comme forme abrégée le segment La Hontan, à titre d'élément spécifique, puisque c'est sous ce nom que ce personnage est connu.

Par ailleurs, si l'on souhaite honorer à la fois un individu et la famille à laquelle il appartient, on devrait alors recourir au nom de famille seul.

Exemples :

Rue Ferland; Chemin des Gagnon.

Enfin, lorsque le nom complet d'une personne n'est pas le nom sous lequel celle-ci est la mieux connue, on peut, dans ce cas, utiliser l'une des formes énumérées ci-après.

  • Le nom de famille accompagné du titre
    Exemples :
    Rue du Curé-Labelle; Rue Monseigneur-Grandin.

  • La partie noble du nom
    Exemple :
    Rue Vaudreuil (en l'honneur de Pierre de Rigaud de Cavagnal, marquis de Vaudreuil).

  • Le pseudonyme
    Exemples :
    Rue Ringuet (pour Philippe Panneton); Rue Molière (pour Jean-Baptiste Poquelin).

  • La forme abrégée des prénoms suivie du nom de famille, lorsque cette forme a été couramment utilisée du vivant de la personne honorée. Cette forme abrégée peut porter sur plus d'un prénom ou sur un seul et s'appliquera particulièrement lorsqu'il s'agit d'écrivains, de peintres ou d'autres personnages qui avaient l'habitude d'utiliser de telles abréviations.
    Exemples :
    Rue É.-Z.-Massicotte; Rue F.-X.-Garneau; Rue Jos.-D.-Bégin.

  • En dehors d'un contexte de commémoration, on peut utiliser comme spécifiques des prénoms, des surnoms ou des diminutifs, seuls, si tel est l'usage courant.
    Exemples :
    Baie d'Alexis; Lac à Ti-Blanc-Plante; Montagne à Jeannot.

  • Les noms de personnes qui entrent dans la composition de noms de lieux devraient figurer dans leur langue d'origine, sauf certains qui comportent des titres ou ceux dont l'usage admet la traduction française.
    Exemples :
    Avenue Franz-Schubert et non pas Avenue Francois-Schubert; Rue Boccace, aussi bien que Rue Boccacio , étant donné que la version française du nom du grand écrivain italien est fort répandue; Rue du Roi-Georges; Quai King-Edward.

  • Lorsque des noms de personnes contiennent les formes abrégées St- (pour Saint-) ou Ste- (pour Sainte-), usuelles et attestées dans des actes d'état civil, ou lorsque, concernant de telles formes, on a adressé une requête à la Commission de toponymie pour leur utilisation expresse à propos d'une personne ou d'une famille en particulier, on peut utiliser St- ou Ste- comme constituants spécifiques.
    Exemples :
    Rue St-Onge; Cours d'eau St-Amour; Rue St-Pierre.

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Banque de noms de lieux du Québec

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Date de la dernière mise à jour : septembre 2017

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