Normes et procédures

Pratiques contre-indiquées

Désignations péjoratives, grossières ou suscitant la dissension

On doit éviter l'emploi de noms à connotation péjorative ou grossière, de même que les choix susceptibles de provoquer ou d'alimenter une dissension.

Les noms qui peuvent porter atteinte à la réputation de personnes ou de groupes sociaux, ethniques, religieux ou autres et les noms qui utilisent des mots ou des expressions que condamne la langue correcte ne doivent pas entrer dans la composition des toponymes. Il en est de même pour ceux qui peuvent faire naître ou encourager une division violente ou profonde de l'opinion publique.

Lorsqu'un changement de nom sera demandé, sur la base de ce principe, il faudra tenir compte du milieu avant de procéder à une modification. Chaque cas sera examiné au mérite, selon les représentations faites à la Commission.

Noms banals ou utilisés fréquemment

Il faut éviter l'emploi des noms trop banals et ceux dont l'existence est largement répandue.
Certains noms servent à désigner un grand nombre d'entités géographiques différentes et leur répétition peut être source de confusion : Lac Long, Lac du Castor, Rivière Noire, etc. Dans toute recherche en vue de l'attribution d'un nom à un lieu innommé, il convient de s'inspirer davantage des données historiques locales et des différentes particularités morphologiques, biologiques ou autres du milieu, en faisant preuve d'originalité, afin d'éviter d'ajouter à la prolifération de noms fréquemment utilisés et rendus banals.

Désignations publicitaires

On doit éviter d'attribuer des noms qui peuvent servir de réclame à des marques de commerce ou à des entreprises commerciales ou industrielles.

Le but premier de la dénomination des lieux n'est pas de servir de réclame. La Commission de toponymie considère que les entreprises à but lucratif possèdent déjà, par le truchement de la publicité, un moyen efficace de se faire connaître sans que leur nom soit attribué à des lieux. Le critère ne vise toutefois pas les dénominations du type Ruisseau de la Fabrique ou Mont de la Croix-Rouge (l'organisation internationale à caractère humanitaire). S'il existe un rapport avec le lieu ou l'activité, la désignation inspirée d'une marque de commerce ou d'une entreprise commerciale ou industrielle demeure justifiable.

Points cardinaux

L'utilisation de points cardinaux est à éviter, à moins qu'ils ne désignent de façon précise une entité géographique ou qu'ils ne fassent partie d'un toponyme existant.

Exemple :

Boulevard de l'Atlantique-Sud où le point cardinal sert à désigner de façon précise une entité géographique.

En dépit de l'utilité qu'on a pu leur reconnaître aux fins d'orientation dans les grandes agglomérations dont le plan est en damier, le caractère banal des points cardinaux et leur faible capacité de personnaliser un lieu devraient inciter à n'en pas introduire dans l'usage là où ils sont absents. Pour former de nouveaux toponymes, on peut bien sûr, néanmoins, utiliser des toponymes qui en comportent déjà, comme dans Plaines de la Pointe Ouest ou dans Chemin de la Rivière-du-Nord.

Désignations numériques, alphabétiques et alphanumériques

Il faut éviter d'utiliser des nombres et des lettres comme base de dénomination de lieux. Cependant, le cas échéant, il convient d'utiliser la forme ordinale (l'adjectif numéral) plutôt que la forme cardinale (le nombre pur).

Il faut donc préférer Deuxième lac Gagnon à Lac Gagnon Numéro Deux, et 3e Rang à Rang  3.

Dès le départ, les organismes privés ou publics devraient éviter d'utiliser des dénominations numériques, alphabétiques ou alphanumériques dans l'identification de lieux reliés à des projets, afin de prévenir le plus tôt possible leur diffusion, même involontaire. À cause de la très faible qualité du message culturel qu'elles véhiculent, ces dénominations ne sont pas susceptibles de manifester adéquatement la personnalité du lieu à désigner.

Il convient de prendre note que le critère ne vise pas, assurément, les dénominations du type Trois-Pistoles ou Sept-Rivières qui sont chargées d'histoire ou qui reflètent la géographie locale.

Juxtaposition de toponymes

On devrait éviter de créer des toponymes en juxtaposant des spécifiques toponymiques ou des toponymes entiers si cela est de nature à produire des noms géographiques dont la longueur rend leur utilisation difficile.

Exemple :

Montmagny—L'Islet—Kamouraska—Rivière-du-Loup

Utilisation du suffixe -ville

On ne devrait pas employer le suffixe -ville pour former un nouveau toponyme. En plus d'être banale et d'allonger les dénominations sans les enrichir, l'utilisation du suffixe -ville peut susciter la confusion en suggérant que le statut du lieu dénommé est une ville, alors qu'il pourrait bien en être autrement.

Utilisation de noms de personnes vivantes

Un lieu ne doit pas se voir attribuer le nom d'une personne vivante ou décédée depuis moins d'un an.

Lorsqu'un nom rappelant une personne vivante a un usage attesté depuis dix ans ou plus, ce nom peut être officialisé s'il répond aux trois conditions suivantes :

  • Il est constitué d'un prénom, d'un nom de famille, d'un titre ou d'un surnom seul;
  • Il ne fait pas référence à une personnalité notoire;
  • Il ne désigne pas une entité majeure.

Note. En toponymie municipale, les noms faisant partie d'un système thématique de prénoms ou de noms de familles ne sont pas visés par cette règle, pourvu qu'ils ne soient pas inspirés par des personnalités notoires.

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Banque de noms de lieux du Québec

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Date de la dernière mise à jour : février 2017

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