Chroniques

Doux seigneur!

Manoir seigneurial Juchereau-Duchesnay, à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier.

Manoir seigneurial Juchereau-Duchesnay, à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier
© Odette Deschênes Dick, 2014

Sous le régime britannique, les nouvelles terres ont été attribuées différemment, avec la création des cantons. Toutefois, les seigneuries déjà présentes ont subsisté. Même qu’en 1840, la moitié des seigneuries appartenaient à des Britanniques. En 1854, alors que plus de 75 % de la population vivait dans des seigneuries, l’État a aboli le régime seigneurial par une loi. Le gouvernement a dédommagé les seigneurs en leur versant une somme estimée à dix millions de dollars. De plus, les censitaires, pour prendre possession des terres sur lesquelles ils étaient établis, avaient deux possibilités : soit payer, en un seul versement, une somme correspondant à environ 17 fois la rente annuelle qu’ils versaient à leur seigneur; soit continuer de verser leur rente à perpétuité, le 11 novembre de chaque année, jour de la Saint-Martin.

Quelque 60 000 familles avaient choisi la deuxième option. En 1935, soit un peu plus de 80 ans après l’abolition des seigneuries, l’État a décidé de mettre un terme à cette saga qui n’aurait jamais fini. Il a donc créé le Syndicat national du rachat des rentes seigneuriales. Cet organisme a contracté une dette de trois millions de dollars et a remboursé définitivement les successions des seigneurs. Les 60 000 familles ont quant à elles dû s’acquitter du reste de leurs dettes.

C’est le 11 novembre 1970, il y a 50 ans exactement, que cet organisme a encaissé son dernier payement.

Dans la toponymie du Québec, le mot seigneurie se trouve dans 331 noms de lieux. Toutefois, seuls les trois toponymes composés suivants reprennent un nom de seigneurie :

Chronique parue le 10 novembre 2020.



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Date de la dernière mise à jour : 19 novembre 2020

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