Chroniques

La toponymie québécoise au féminin.

À vos craies!

Il y a un peu plus de 200 noms de lieux au Québec qui rappellent le souvenir de femmes ayant travaillé majoritairement dans le domaine de l’éducation. La plus célébrée est celle qui a mis sur pied les premières écoles en Nouvelle-France. Une autre a lutté pour l’amélioration des conditions de travail des enseignantes au XXe siècle. Nous avons nommé Marguerite Bourgeoys et Laure Gaudreault. Mais intéressons-nous d’abord à quatre héroïnes restées dans l’ombre : les sœurs Clothilde, Armosa et Aurélia-Paula Nadeau ainsi que Sarah Maxwell.

Sarah Maxwell
Photo de Sarah Maxwell © Commission scolaire English-Montréal

Le souvenir de cette dernière est rappelé dans le nom Parc Sarah-Maxwell qui désigne un parc public situé à l’intersection de la rue La Fontaine et de la rue Préfontaine, dans l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Sarah Maxwell (1875-1907) est la directrice de l’école protestante d’Hochelaga et y enseigne au moment où le bâtiment est détruit par les flammes, le 26 février 1907. Après avoir héroïquement contribué à l’évacuation de plusieurs dizaines d’enfants, elle perd la vie avec neuf fillettes et sept garçons, âgés de trois à huit ans. L’école reconstruite l’année suivante sur les mêmes lieux est nommée en son honneur. L’école a été démolie en 1984.

Les jumelles Armosa (1902-1990) et Aurélia-Paula (1902-1994) Nadeau ainsi que leur sœur Clothilde (1899-1980), quant à elles, se sont inscrites dans l’histoire de l’enseignement par le fait qu’à elles trois, elles ont consacré 101 années à l’enseignement. Elles étaient institutrices dans le secteur de Saint-Émile, à Québec. Le nom Rue des Institutrices-Nadeau, qui désigne une rue de la capitale, rappelle le souvenir de ces trois sœurs.

Revenons à Marguerite Bourgeoys et à Laure Gaudreault. Le souvenir de la première est rappelé dans 46 noms de lieux. Marguerite Bourgeoys (1620-1700), arrivée à Ville-Marie (Montréal) en 1653, met sur pied, cinq ans plus tard, une mission vouée à l’enseignement. Elle reçoit ses premiers élèves dans une étable. Puis, elle établit la congrégation religieuse de Notre-Dame de Montréal. Après avoir ouvert un pensionnat pour jeunes filles nobles et bourgeoises à Montréal en 1676, elle fonde l’ouvroir de la Providence, une première école pour les jeunes filles pauvres. Enfin, vers 1676, sous l’impulsion de Marguerite Bourgeoys, débute l’instruction des jeunes filles amérindiennes au village autochtone situé à la mission de la Montagne, sur le versant sud du mont Royal.

Laure Gaudreault
Photo de Laure Gaudreault © Société d’histoire de Charlevoix

Quant à Laure Gaudreault (1889-1975), née à La Malbaie, elle est la pionnière du syndicalisme chez les enseignantes du Québec. Diplômée à l’âge de 16 ans, elle enseigne d’abord dans le milieu rural de sa région natale. Lasse des conditions réservées aux institutrices rurales, Laure Gaudreault quitte l’enseignement et travaille comme journaliste. De retour en enseignement, elle jette, en 1936, les bases de l’Association catholique des institutrices rurales et, l’année suivante, celles de la Fédération catholique des institutrices rurales. Devenue permanente syndicale, elle contribue, en 1946, à la fusion des syndicats d’enseignants. Cette fusion aura permis, plusieurs années plus tard, la création de la Centrale des syndicats du Québec, qui regroupe quelque 200 000 membres. Neuf lieux du Québec portent le nom de Laure Gaudreault.

Chronique parue le 13 septembre 2018.



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Date de la dernière mise à jour : août 2018

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