Chroniques

La toponymie québécoise au féminin.

Deux femmes, une même liberté


© Weerapat, Bigstock

Le 3 mai dernier était la Journée mondiale de la liberté de presse. Intéressons-nous, parmi les grandes oubliées d’ici liées au journalisme, à deux femmes honorées dans la toponymie du Québec. Premièrement, parlons de celle qui est considérée comme la première femme journaliste à temps plein du Québec. Elle a fondé une revue dans laquelle on trouvait des textes signés par des personnalités marquantes de l’époque, soit Marie Gérin-Lajoie, Louis Fréchette, Émile Nelligan... La seconde a créé un magazine qui est l’ancêtre de Châtelaine. Pour découvrir ces deux femmes, lisez ce qui suit.

La première femme journaliste à temps plein du Québec est Robertine Barry (1863-1910), dont le nom de plume était Françoise. À partir de 1891, elle écrira dans La Patrie, journal fondé par Honoré Beaugrand en 1879. Sa « Chronique du lundi » abordera presque tous les sujets. Dans ce même journal, Robertine Barry tiendra plus tard un courrier du cœur, le premier au Québec.

Elle a fait partie des seize journalistes canadiennes à couvrir l’Exposition internationale de Saint-Louis en 1904. Ce voyage sera à l’origine du Canadian Women’s Press Club, organisme qui sera dissous en 2004. De plus, Robertine Barry eut l’honneur de représenter le Canada à l’Exposition universelle de Paris en 1900 et à celle de Milan en 1906.

Elle fonde la revue bimensuelle Le Journal de Françoise, publiée de 1902 à 1909, dans laquelle écriront, entre autres, Louis Fréchette, Marie-Gérin-Lajoie et Émile Nelligan. D’ailleurs, ce dernier a écrit le poème Rêve d’artiste pour Robertine Barry.

Cinq lieux du Québec portent le nom de Robertine Barry : une rue de Montréal, un parc et une rue de Baie-Comeau ainsi qu’un lac et un canton d’Abitibi.

Robertine Barry.
Robertine Barry
© Query Freres, Wikimedia Commons

Intéressons-nous maintenant à Anne-Marie Huguenin (1875-1943), née Gleason, dont le nom de plume était Madeleine. En juin 1904, elle fait partie, elle aussi, du groupe des seize journalistes canadiennes à couvrir l’Exposition internationale de Saint-Louis.

Pendant près de vingt ans, elle sera responsable des pages féminines dans le journal La Patrie. Elle quitte ce journal en 1919 pour lancer La Revue moderne, publication à la fois intellectuelle et populaire, où elle exercera ses fonctions jusqu’en 1930. Le périodique est vendu en 1960 – alors qu’il tire à plus de 100 000 exemplaires – à Maclean Hunter, qui en fait le magazine Châtelaine, toujours en kiosque de nos jours, 99 ans plus tard.

Les noms de quatre lieux rappellent le souvenir d’Anne-Marie Huguenin, soit celui d’une rue de Rimouski, où elle est née, d’une rue de Montréal, où elle a vécu, d’une rue de Saint-Augustin-de-Desmaures et d’un canton en Mauricie.

Chronique parue le 10 mai 2018.



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Date de la dernière mise à jour : janvier 2019

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