Chroniques

La toponymie québécoise au féminin.

Femmes dans la solidarité

1er mai.
© Commission de toponymie

Le 1er mai dernier, fût célébrée la Journée internationale des travailleurs. Au Québec, des femmes ont mené de durs combats pour améliorer leurs conditions de travail, que l’on pense à celles qui ont travaillé dans le domaine du textile à Montréal à la fin du XIXe siècle, ou encore à celles qui ont fabriqué ces fameuses allumettes à Hull, au début du XXe siècle. Pour en savoir plus sur ces femmes et pour connaître la raison pour laquelle c’est le 1er mai qui a été retenu pour souligner la Journée internationale des travailleurs, lisez ce qui suit.

La date du 1er mai a été retenue parce qu’elle est en lien avec la lutte des syndicats américains, à la fin du XIXe siècle, pour obtenir la journée de travail de huit heures – on travaillait alors souvent dix heures par jour, six jours par semaine. Il faut préciser qu’à l’époque, aux États-Unis, le 1er mai était la première journée de la nouvelle année financière des entreprises; en outre, les contrats liant les employés à leurs employeurs prenaient fin ce jour-là. Aussi les syndicats avaient-ils retenu cette date pour faire connaître leurs revendications. En 1886, à Chicago, la manifestation du 1er mai s’est poursuivie jusqu’au 3 mai, où elle a dégénéré, causant la mort de trois personnes. C’est en rappel de ces évènements que le 1er mai a été choisi comme Journée internationale des travailleurs.

Au Québec, plusieurs combats ont été menés pour améliorer les conditions de travail des femmes, comme celles qui travaillaient dans les salles de tissage des filatures du quartier d’Hochelaga, à Montréal, à la fin du XIXe siècle. À cette époque, les conditions de travail dans le domaine du textile étaient difficiles, et le salaire versé aux femmes était moindre que celui versé aux hommes. En effet, celui des femmes ne correspondait qu’à la moitié du leur; celui des jeunes filles, qu’au quart. C’était le cas à la filature Hudon, où, en 1880, les tisserandes menèrent une grève pour l’amélioration des conditions salariales.


© Pexels

Le toponyme Place des Tisserandes, qui désigne une place de Montréal, se veut un hommage à ces femmes.

Quelque 40 ans plus tard, ce sont les allumettières de Hull, ces femmes qui fabriquent des allumettes, qui revendiquent. À l’époque, la presque totalité des allumettes du Canada est fabriquée à Hull, dans des conditions difficiles. Les allumettes s’enflammaient souvent. Chaque allumettière avait un seau d’eau pour éteindre les feux – on en dénombrait souvent une vingtaine par jour. L’utilisation du phosphore blanc dans lequel on trempait les tiges des allumettes avait de graves répercussions sur la santé des ouvrières : il provoquait la perte des dents et la décomposition des os de la mâchoire. Son utilisation fut interdite en 1912. Au début des années 1920, les allumettières firent la grève pour revendiquer des conditions de travail et des salaires plus décents.


© Oddsock, sous licence CC BY-SA 2.0, Flickr

La Ville de Gatineau a attribué le nom Boulevard des Allumettières à une artère importante de son territoire, en hommage à ces femmes.

Terminons avec le nom Lac des Couseuses, qui désigne un lac qui se trouve à près de 100 km de l’abbaye des Trappistes de Notre-Dame-de-Mistassini, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Ce nom rend hommage à ces femmes, habiles travailleuses, qui ont confectionné ou raccommodé les ornements liturgiques utilisés par les pères trappistes.

Chronique parue le 12 avril 2018.



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Date de la dernière mise à jour : décembre 2018

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