Chroniques

Montréal - raconté par ses noms de lieux.

La fierté des 40 ans


© Gouvernement du Québec

Le 26 août 1977, il y a 40 ans, l’Assemblée nationale adoptait la Charte de la langue française, aussi connue sous le nom de projet de loi 101. Il s’agissait de la troisième loi linguistique adoptée en moins de huit ans au Québec. Avant que le français n’acquière le statut qu’il a aujourd’hui, il faut savoir que bien des gens ont mené beaucoup de luttes pour obtenir sa reconnaissance officielle.

Par ailleurs, si certains croient que le nom du parc La Fontaine, à Montréal, rappelle le souvenir de Jean de La Fontaine, l’auteur des célèbres fables, qu’ils se détrompent! Ce nom rappelle plutôt le souvenir d’une personne qui a combattu pour que le français ait un statut reconnu ici. Pour en savoir un peu plus sur quelques défenseurs de notre langue, lisez la chronique ci‑dessous.

Entre 1969 et 1977, trois lois ont été adoptées par l’Assemblée nationale relativement à l’usage du français dans notre société. En 1969, Jean-Jacques Bertrand, qui dirigeait le gouvernement québécois au nom de l’Union nationale, a fait adopter le projet de loi 63, soit la Loi pour promouvoir la langue française au Québec. Cette loi stipulait, entre autres, que les cours pouvaient être donnés en langue anglaise à un enfant, pourvu que celui-ci ait une connaissance d’usage de la langue française. Cette loi a engendré du mécontentement au sein de la population. On avance d’ailleurs que jusqu’à 50 000 personnes s’étaient dirigées vers le parlement pour manifester leur opposition, dans la foulée du processus menant à l’adoption de ce projet de loi.

Cinq ans plus tard, en 1974, le gouvernement libéral de Robert Bourassa a fait adopter le projet de loi 22, soit la Loi sur la langue officielle, qui faisait du français la langue officielle du Québec. En ce qui concerne l’éducation, cette loi prévoyait qu’un enfant devait prouver son aptitude à recevoir l’enseignement en langue anglaise.

En 1977, trois ans plus tard, le gouvernement péquiste de René Lévesque présentait la Charte de la langue française. Ce faisant, l’Assemblée nationale affirmait par le fait même sa volonté de faire du français la langue de l’État et de la Loi aussi bien que la langue normale et habituelle du travail, de l’enseignement, des communications, du commerce et des affaires. En ce qui concerne la langue de l’éducation, seuls les enfants ayant des parents de nationalité canadienne et ayant fait leurs études primaires en anglais au Canada pouvaient aller à l’école anglaise. C’est Camille Laurin, ministre d’État au Développement culturel, qui déposa la Charte de la langue française. On le reconnaîtra comme le père de cette loi des plus fondamentales. Deux lieux portent le nom de Camille Laurin à Montréal : une rue située dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles ainsi qu’un édifice situé au 125, rue Sherbrooke Ouest. Le lien entre le nom de cet édifice et sa vocation est très fort, puisque c’est là que l’on trouve les bureaux de l’Office québécois de la langue française.

Mack Sennett.
Édifice Camille-Laurin, à Montréal
© Office québécois de la langue française

Rien ne pouvait laisser présager l’adoption éventuelle de ces lois linguistiques lors du remplacement du Bas-Canada et du Haut-Canada par le Canada-Uni. L’Acte d’Union, voté par le Parlement du Royaume-Uni en 1840, prévoyait en effet le bannissement du français dans les activités officielles du gouvernement. Qui plus est, il imposait l’anglais comme langue officielle pour la rédaction des lois ainsi que pour les débats parlementaires. Cette situation irritait évidemment les Canadiens français. Louis-Hippolyte La Fontaine multipliera donc les démarches pour rétablir le français et son usage dans les actes législatifs et ceux des tribunaux. Il ira même jusqu’à prononcer son premier discours au Parlement du Canada-Uni en français. C’est pour commémorer le souvenir de cet homme que le parc La Fontaine a été nommé, tout comme le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Louis-Hyppolite La Fontaine.
Louis-Hippolyte La Fontaine
© Wikimedia Commons

 

* Mention de source du bandeau Montréal raconté par ses noms de lieux : © Stéphane Poulin, Partenariat du Quartier des spectacles.

Chronique parue le 24 août 2017.



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Date de la dernière mise à jour : novembre 2017

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