Chroniques

Montréal - raconté par ses noms de lieux.

8 femmes

Le 8 mars était la Journée internationale des femmes, et le 27 mars, la Journée mondiale du théâtre. Intéressons-nous à huit femmes qui ont marqué notre théâtre et dont le souvenir est rappelé dans les noms de lieux de Montréal.

À toute dame tout honneur : commençons par deux femmes qui ont écrit pour le théâtre. Françoise Loranger (1913-1995) est, entre autres, l’auteure de Médium saignant (1970), une pièce avant-coureur sur la défense de la langue française au Québec. Soulignons au passage qu’elle a aussi écrit Sous le signe du lion (1958), téléroman qui a eu le rare privilège d’être présenté dans deux réalisations différentes à la télévision. Loranger y abordait l’euthanasie et l’adultère, sujets jusqu’alors tabous. Quant à Anne Hébert (1916-2000), on lui doit la pièce La cage, qui traite de la célèbre Corriveau, pendue à Québec en 1763. À Montréal, la première est immortalisée dans le nom d’une place et l’autre dans celui d’une rue.

Pour qu’il y ait théâtre, il doit y avoir des théâtres. Rendons hommage à deux femmes, à celles qui ont créé, en 1948, le Théâtre du Rideau Vert à Montréal, le plus ancien théâtre professionnel francophone en Amérique du Nord : Yvette Brind’Amour (1918-1992) et Mercedes Palomino (1913-2006). Le souvenir des deux femmes est rappelé dans le nom d’un seul lieu qui se trouve à un jet de pierre de leur théâtre : Parc Palomino-Brind’Amour. Le souvenir d’Yvette Brind’Amour est aussi rappelé dans le nom d’une rue dans l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles.

Si l’on se tourne vers les comédiennes, on se doit de commencer par un monument, par celle qui a donné son nom au prix du Québec remis pour les arts de la scène : Denise Pelletier (1923-1976). Elle a tout joué, de Racine à Tremblay, de Shakespeare à Dubé. Et puis, il y a Amulette Garneau (1928-2008), qui a beaucoup joué Tremblay; elle sera son Albertine et aussi Bec-de-Lièvre. À Montréal, la première comédienne est rappelée dans le nom d’un carré et la seconde, dans celui d’une rue.

Juliette Huot.
Juliette Huot
© Conrad Poirier, BAnQ sur Wikimedia Commons
Juliette Béliveau.
Juliette Béliveau
© Wikimedia Commons

Tournons-nous maintenant vers deux comédiennes dont le prénom est le plus beau prénom associé au théâtre : Juliette Béliveau (1889-1975) et Juliette Huot (1912-2001). La première a commencé sa carrière dès l’âge de 10 ans au Monument-National. Chacune a eu une carrière prolifique. Et les deux ont créé un duo burlesque qui a connu beaucoup de succès à la fin des années 1940. Un de leurs célèbres numéros s’intitulait Les deux jumelles. Quand on sait que Juliette Béliveau était de petite taille (elle mesurait un peu plus de 1,20 m), on devine l’incongruité du concept de jumelles dans leur numéro. À Montréal, Juliette Béliveau est rappelée dans le nom d’une rue et l’autre Juliette dans celui d’un parc.

Notons que, de ces quatre comédiennes, trois ont joué dans la pièce Tit-Coq de Gratien Gélinas. Juliette Huot y a joué au théâtre, alors que Denise Pelletier et Juliette Béliveau ont tourné dans la version cinématographique de 1953.

 

* Mention de source du bandeau Montréal raconté par ses noms de lieux : © Ville de Montréal, Bureau du patrimoine, de la toponymie et de l'expertise.

Chronique parue le 21 mars 2017.



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Date de la dernière mise à jour : juillet 2017

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