Chroniques

Montréal - raconté par ses noms de lieux.

On jase de jazz

Gravure de Adi Holzer.
Le trompettiste Louis Armstrong
© Adi Holzer,
Wikimedia Commons

Depuis le mois de décembre 1995, février est reconnu comme le Mois de l’histoire des Noirs au Canada. Ce mois a été choisi aux États-Unis plusieurs décennies auparavant, en 1926, parce qu’il s’agit du mois correspondant à l’anniversaire de naissance de deux abolitionnistes de l’esclavage, Frederick Douglas et Abraham Lincoln. Pour le souligner, intéressons-nous aux membres de la communauté noire d’ici qui se sont illustrés dans le milieu du jazz et qui sont évoqués à travers des noms de lieux montréalais.

Dans l’arrondissement montréalais du Sud-Ouest, on trouve trois lieux dont le nom rappelle des membres de la communauté noire qui se sont illustrés dans le milieu du jazz : le parc Oscar-Peterson, la rue Charles-Biddle et la rue Rufus-Rockhead.

Le parc Oscar-Peterson est situé à proximité des lieux où a habité le célèbre pianiste (1925-2007), né dans le quartier de Saint-Henri, à Montréal. Oscar Peterson s’est distingué au cours de sa carrière comme l’un des plus grands artistes de jazz au Canada et même dans le monde. Il a joué avec les plus grands : Louis Armstrong, Ella Fitzgerald et Billie Holiday, pour ne nommer que ceux-là. Son talent a été maintes fois souligné avec la remise de nombreux prix et distinctions. Il a notamment remporté sept Grammy Awards, reçu l’Ordre national du Québec, de même que l’Ordre du Canada.

Près du canal Lachine, on peut déambuler sur la rue Charles-Biddle, du nom de celui qui a été musicien, mais aussi homme d’affaires. Né à Philadelphie, Charles Biddle (1926-2003) immigre au Canada après la Seconde Guerre mondiale. Contrebassiste, il effectue des tournées avec son groupe au Québec. Il ouvrira ensuite des boîtes de jazz à Montréal, dont le Black Bottom et le Biddle’s Jazz and Ribs. En 1979, il organise un premier festival de jazz, d’une durée de trois jours, qui ouvrira la voie au célèbre Festival de jazz de Montréal. Décoré de l’Ordre du Canada, il a aussi reçu le prix Calixa-Lavallée de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. 


© Commission de toponymie

Non loin de là, on trouve la rue Rufus-Rockhead, en l’honneur de cet homme d’affaires (vers 1894-1981) qui a été une personnalité très populaire à Montréal. Originaire de la Jamaïque, il immigre au Québec en 1918. Dès 1931, il ouvre, à l’angle des rues Saint-Antoine et de la Montagne, la plus grande boîte de nuit de la ville : le Rockhead’Paradise. Rufus Rockhead devient alors le premier Noir propriétaire d’une boîte de jazz à Montréal. Pendant près de 50 ans, il présente au Rockhead’Paradise les plus grands noms du jazz, du rhythm and blues et du soul.

Enfin, situé entre la rue Delisle et l’avenue Lionel-Groulx, le parc des Jazzmen témoigne lui aussi de l’importance du jazz à Montréal depuis la décennie 1940. Outre le Rockhead’Paradise, plusieurs boîtes de nuit et plusieurs cabarets, tel le Café Saint-Michel, ont marqué l’histoire de ce type de musique dans la métropole québécoise, lieux où se sont produits les pianistes Oscar Peterson, Wray Downes et Oliver Jones, ainsi que les guitaristes Sonny Greenwich et Nelson Symonds.

Envie d’en apprendre davantage sur le Mois de l’histoire des Noirs? Rendez-vous à l’adresse suivante : moishistoiredesnoirs.com.

 

* Mention de source du bandeau Montréal raconté par ses noms de lieux : © Stéphane Poulin, Partenariat du Quartier des spectacles.

Chronique parue le 21 février 2017.



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Date de la dernière mise à jour : novembre 2017

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