Chroniques

Profession : géographe

La semaine du 13 novembre est celle de la sensibilisation à la géographie. Intéressons-nous donc aux géographes. Ceux-ci étudient principalement le milieu physique et climatique de l’homme ainsi que la répartition des populations. Leur profession a une très longue histoire. Au Québec, on trouve des géographes dès le début de l’exploration du territoire par les Européens. Champlain en était un. Pour en savoir un peu plus sur les géographes et sur leur rappel dans la toponymie du Québec, lisez ce qui suit.

La Terre, la nuit.
La Terre, la nuit
© NASA-NOAA, Wikimedia Commons

Au total, 43 géographes sont rappelés dans la toponymie du Québec. Parmi eux, cinq ont été, sur notre territoire, géographes du roi de France. Le plus célèbre d’entre eux est Samuel de Champlain. La mémoire de ce dernier est fort célébrée; on compte 113 noms donnés en son honneur. Relevons les toponymes Champlain, Pont Champlain et Lac Champlain, qui désignent respectivement une municipalité de la Mauricie, le pont qui relie l’île de Montréal à la rive sud du Saint-Laurent et ce grand lac se prolongeant aux États-Unis. C'est Champlain lui-même qui a donné à ce lac son propre nom en 1609.

Pour la petite histoire, signalons que Jean Bourdon fut arpenteur et géographe. C’est le souvenir de ce dernier qui est rappelé dans le nom Rue Saint-Jean, qui désigne la célébrissime artère du Vieux-Québec.

Parmi les géographes du XIXe siècle honorés dans notre toponymie, il y a Charles Arnaud (1826-1914) et Joseph Bouchette (1774-1841). Le premier était un père oblat. Il fut missionnaire, linguiste, géographe et explorateur. Il a passé 62 ans chez les Innus (Montagnais), où il a participé activement à la construction d’une quinzaine de chapelles. Il fut surnommé le Roi de Betsiamites et le Pape des Montagnais.

Quant à Joseph Bouchette, géographe et arpenteur général du Bas-Canada, il demeure une figure marquante et une grande autorité en matière de relevés topographiques au début du XIXe siècle. Il a participé au tracé de la frontière canado-américaine à la suite du traité de Gand. Neveu du major Samuel Holland, il se livre avec minutie et précision à la recension du territoire bas-canadien. Il publie, en 1815, sa Description topographique de la province du Bas-Canada, qui constitue la somme des connaissances du territoire pour l’époque. Point surprenant qu’un tel homme ait laissé son nom à 18 lieux, dont une municipalité de la région de l’Outaouais et une autre du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

En outre, parmi les géographes du XXe siècle rappelés dans notre toponymie, il y a André Grenier et Brian Haywood. Ce dernier, membre du laboratoire de recherche subarctique de l’Université McGill, et son assistant André Grenier perdirent la vie, en 1960, lors d’un accident en canot survenu sur la rivière Koroc, dans le Nord-du-Québec, au cours d’une expédition ayant pour objet la géomorphologie glaciaire.

Pour terminer, soulignons que Sherbrooke a rendu hommage aux géographes en attribuant à l’un de ses parcs le nom Parc des Géographes, à l’occasion du centenaire de la géographie universitaire au Québec, en 2010.

Chronique parue le 10 novembre 2016.



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Date de la dernière mise à jour : juin 2018

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