Chroniques

Coups de cœur, coup de foudre

Toponymes Coups de coeur 2014
© Commission de toponymie

Dans le but de faire la promotion d'une toponymie qui se démarque par un niveau supérieur de qualité, la Commission a dressé une liste de ses douze coups de cœur de l'année. De plus, elle a désigné, parmi ceux-ci, celui pour lequel elle a eu un coup de foudre.

Douze coups de cœur!
Onze noms de lieux et une thématique se sont démarqués.

Les toponymes retenus sont :

Une thématique a aussi été choisie : celle en lien avec la seigneurie de Perthuis que l'on trouve pour désigner des voies de communication à Portneuf et à Rivière-à-Pierre.

Avez-vous élu votre coup de foudre?
Nous vous dévoilons celui de la Commission de toponymie : Parc de la Quenouille-Qui-Grouille!

 

Voici le tableau d'honneur avec ses justifications :

Parc des Bateleurs-du-Ciel (Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie)

Le nom fait référence aux premiers pilotes de ballons professionnels qui firent des acrobaties pour épater les spectateurs.

Ce nom a été choisi pour sa valeur poétique, son euphonie et sa capacité à inspirer des images très fortes, ainsi que pour son lien avec Saint-Jean-sur-Richelieu, qui est l'hôte d'un festival international de montgolfières.

 

Traverse de la Bienvenue (Dégelis, dans le Bas-Saint-Laurent)

Dégelis, la ville d'accueil du Témiscouata, est située près de la frontière du Québec et du Nouveau-Brunswick; elle constitue un passage obligatoire pour plusieurs personnes quotidiennement. La traverse de la Bienvenue se trouve à l'entrée de la ville.

Ce nom a été choisi pour son euphonie ainsi que pour le lien fort avec le lieu qu'il désigne.

 

Bras Débarrassé et, par ricochet, Chemin du Bras-Débarrassé (à Ferland-et-Boilleau, au Saguenay–Lac-Saint-Jean)

Ce ruisseau se jette dans la rivière Ha! Ha! Son nom rappelle qu'à une certaine époque, les travailleurs forestiers se sont assurés que les rives du cours d'eau étaient libres (débarrassées) des obstacles pouvant entraver la circulation des billes de bois. Le chemin longe le bras Débarrassé.

Ces noms ont été choisis pour leur originalité ainsi que pour leur capacité d'intriguer et d'inspirer des images fortes.

 

Pont du Cap-des-Pilotes (Matane, dans le Bas-Saint-Laurent)

Ce pont est situé au-dessus de la rivière Matane, sur le parcours de la route 132. Son nom rappelle que tout près se trouvait un monticule d'une dizaine de mètres de hauteur, connu sous le nom Cap des Pilotes. Ce monticule a servi, au 19e siècle, de lieu d'opération pour les pilotes de Matane; ceux-ci y surveillaient l'apparition d'éventuels bateaux à l'horizon. Au début du 20e siècle, tous les pilotes ont dû dès lors travailler à partir de la station de Pointe-au-Père; plus tard, la station de pilotage a encore été transférée, cette fois aux Escoumins. À la fin des années 1950, le cap des Pilotes a été rasé.

Ce nom a été choisi pour sa capacité à inspirer des idées ou des images fortes. Il faut aussi relever ici la mise en valeur du patrimoine culturel local par la récupération d'un toponyme disparu.

 

Chute de la Cédille (Passes-Dangereuses, au Saguenay–Lac-Saint-Jean)

Cette chute se trouve sur le cours de la rivière Péribonka, à 15 km à l'ouest du lac Auxillon, dans la MRC de Maria-Chapdelaine. La forme que prend la rivière Péribonka en amont de cette chute rappelle un « Ç », d'où le nom donné à cette dernière.

Ce nom a été choisi pour son originalité et sa capacité à inspirer des images fortes, ainsi que pour sa relation étroite avec l'aspect du lieu.

 

Île du Gorille à Dos Argenté (Lac-Ashuapmushuan, au Saguenay–Lac-Saint-Jean)

Cet îlot rocheux de 30 m de longueur est situé dans le lac Éloi, à 85 km à l'ouest du lac Saint-Jean. Il présente la particularité d'avoir la forme d'un gorille à dos argenté.

Ce nom a été choisi pour son originalité et sa capacité à inspirer des images fortes, ainsi que pour sa relation étroite avec l'aspect du lieu qu'il désigne.

 

Rue des Institutrices-Nadeau (Québec, dans la Capitale-Nationale)

Le nom de cette voie de communication rappelle le souvenir de trois femmes, trois sœurs, filles de François Nadeau et d'Emma Beaudoin. Comme institutrices dans l'ancienne ville de Saint-Émile, Clothilde (1899-1980), Armosa (1902-1990) et Aurélia-Paula (1902-1994) se sont inscrites dans l'histoire de l'enseignement : à elles trois, elles ont consacré 101 années à l'enseignement.

Ce nom a été choisi pour son originalité dans la façon de commémorer des personnes et pour la mise en valeur du patrimoine culturel local.

 

Ruisseau Menteur (Sherbrooke, en Estrie)

Ce ruisseau d'environ 0,8 km de longueur se jette dans la rivière Magog. Dans les périodes de sécheresse, la partie aval du ruisseau peut se tarir temporairement, ce qui lui a valu son nom.

Ce nom a été choisi pour sa valeur poétique et sa capacité à intriguer, ainsi que pour sa relation étroite avec les caractéristiques du lieu qu'il désigne.

 

Rue de la Part-des-Anges (Lavaltrie, dans Lanaudière)

Les propriétaires des terrains où se trouve la rue ont voulu, par ce nom, rappeler leurs parents décédés qui, pour eux, sont devenus des anges. La parcelle de terre sur laquelle a été ouverte la voie est celle qui est consacrée à cet hommage toponymique.

Ce nom a été choisi pour sa valeur poétique et sa capacité à inspirer des idées suggérant la présence du surnaturel.

 

Parc de la Quenouille-Qui-Grouille (Mont-Tremblant, dans les Laurentides)

Ce parc est situé dans un endroit où poussent des quenouilles. Le parc étant principalement destiné aux enfants, on a voulu lui donner un nom avec une consonance amusante.

Ce nom a été choisi pour son originalité, sa sonorité et sa capacité à inspirer des images fortes, ainsi que pour le lien fort avec le lieu qu'il désigne, le nom évoquant le trop-plein d'énergie des enfants. Pour toutes ces raisons, l'appellation Parc de la Quenouille-Qui-Grouille est le coup de foudre de la Commission cette année.

 

Halte des Vapeurs (Belœil, en Montérégie)

Cette halte piétonnière est située du côté nord de l'actuel pont ferroviaire de Belœil. En 1848, à cet endroit, on avait érigé un pont ferroviaire connu sous le nom Pont des Vapeurs. De type tournant, ce pont permettait le passage de barges et de bateaux à vapeur sur le Richelieu. Le 29 juin 1864, une terrible tragédie se produisit. Un convoi transportant des immigrants, en majorité allemands, et se dirigeant vers Montréal plongea dans le Richelieu, les wagons s'empilant les uns sur les autres. On dénombra 99 morts. Depuis, le pont tournant a été remplacé par un pont moderne.

Ce nom a été choisi pour sa valeur poétique et sa capacité à inspirer des idées ou des images très fortes tout en mettant en valeur le patrimoine culturel local.

 

Thématique sur la seigneurie de Perthuis (Portneuf et Rivière-à-Pierre, dans la Capitale-Nationale)

Les chemins d'un secteur de Portneuf et de Rivière-à-Pierre, situés dans l'ancienne seigneurie Perthuis, sont désignés par des noms en lien avec cette seigneurie.
Cette thématique a été choisie pour son intérêt historique et le lien fort entre celle-ci et le territoire. En voici quelques exemples :

  • Chemin du Gouverneur-Duquesne (Rivière-à-Pierre)
    Ce nom rappelle Ange Duquesne de Menneville (vers 1700-1778). Il a été gouverneur général de la Nouvelle-France, de 1752 à 1755. Au nom du roi Louis XV, en 1754, le gouverneur Duquesne et l'intendant Bigot (1703-1778) ont concédé à Joseph Perthuis (1714-1782) une seigneurie se trouvant en haut de celle de Portneuf.
  • Chemin Joseph-Perthuis (Portneuf et Rivière-à-Pierre)
    Ce nom rappelle Joseph Perthuis (Québec, 1714 - Poitiers, France, 1782). Fils d'un riche marchand de Québec, il a commencé sa carrière dans le domaine commercial. En 1747, il a été nommé conseiller au Conseil supérieur de Québec. Il a également rempli les fonctions de procureur général dans les années 1740; puis, de 1754 à 1756, il a été commissaire des prisons royales. En 1754, le roi Louis  XV lui a accordé une seigneurie derrière celle de Portneuf, mais à la suite de la Conquête, Perthuis a vendu tous ses biens immobiliers, dont sa seigneurie encore non peuplée, à François Mounier, et il s'est embarqué pour la France avec sa famille.
  • Chemin Marie-Anne-Chasle (Portneuf)
    Ce nom rappelle Marie-Anne Chasle, épouse du seigneur Joseph Perthuis (1714-1782)
  • Chemin François-Mounier (Portneuf)
    Ce nom rappelle François Mounier, né à La Rochelle et décédé à Québec en 1769, marchand, membre du conseil de James Murray et juge. En 1763, il acheta, de Joseph Perthuis, la seigneurie Perthuis qu'il revendit un an plus tard à Antoine et à François Germain, des cultivateurs de Cap-Santé.
  • Chemin Antoine-François-Germain (Portneuf)
    Ce nom rappelle Antoine-François Germain (1751-1803). Originaire de Cap-Santé, il était le fils d'Antoine Germain (1720-1790) et le neveu de François Germain (1725-1779), lesquels avaient acheté la seigneurie Perthuis, de François Mounier, en 1764.
  • Chemin Chaussegros-De Léry (Portneuf)
    Ce nom rappelle Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry (Québec, 1721 - Québec, 1797). Ingénieur militaire, grand voyer et conseiller législatif, Chaussegros de Léry a acquis la seigneurie Perthuis en 1770, d'Antoine et de François Germain, deux cultivateurs de Cap-Santé.

Communiqué du 14 février 2014

Allez voir nos coups de cœur de l'an dernier!

Chronique parue le 14 février 2014



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Date de la dernière mise à jour : novembre 2017

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