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Rivière Trenche

Origine et signification Depuis sa source, située à environ 90 km à l'ouest de Roberval, cet important affluent du Saint-Maurice coule en direction sud-ouest sur une distance de 150 km, tantôt s'élargissant pour former de nombreux lacs (Pégase, à la Boîte, Lauzon, du Chapeau, Tourouvre), tantôt dévalant à travers des rapides et des chutes. Son confluent se trouve au nord de La Tuque et un peu au sud-est de Rapide-Blanc, sur la rive gauche du Saint-Maurice. Joseph Bouchette, en 1829, attribue à cette rivière le nom Ice Chisel, terme de l'anglais canadien qui désigne un outil qui sert à percer un trou dans la glace pour la chasse aux castors ou pour la pêche. Une carte du milieu du XIXe siècle indique Trenche River et, par la suite, les documents d'arpentage inscrivent régulièrement Rivière Trenche, notamment le plan de G. Gagnon, en 1877. Contrairement à ce qui était populairement retenu sur l'origine du nom, à savoir que le terme spécifique Trenche est probablement une graphie francisée du mot anglais trench, qui, dans le langage des trappeurs canadiens-anglais est synonyme de ice chisel, il est aujourd'hui reconnu que le nom tire son origine du français et qu'il est passé en anglais, et non l'inverse.

Selon le linguiste Robert Vézina, il appert que le terme trenche est une variante graphique du substantif tranche, qui désignait un outil servant à percer la glace. Cette variante a la même prononciation que tranche (il ne faut pas la prononcer comme le mot anglais trench). Le terme tranche était en usage en Nouvelle-France dès le XVIIe siècle; le chercheur en a trouvé une description dans un extrait daté de 1724 (environ), conservé aux Archives nationales, dans lequel il est mentionné : « ... les chasseurs persent la glace vis avis l'endroit ou les castors sortent de leur cabanne & y font un cerne de picquets fichez en terre y lessant une petite ouverture [...] on apelle ceste chasse chasse a la tranche parce que pour perser la glace qui a que[lque] fois deux pieds d[']espoisseur il faut des ferremens semblables aux cizeaux des charpentier que l'on apelle tranches[,] amanchez au bout d'un gros baton avec lesquelles on perce la glace ». L'usage du terme tranche a perduré en français québécois, notamment dans le composé tranche à glace. Le Dictionnaire de la langue québécoise, dont l'auteur est Léandre Bergeron, définit le terme tranche à glace ainsi : « Ciseau de fer long que l'on manœuvre à bras et qui sert à défoncer la glace d'un cours d'eau pour pêcher, pour trapper ».

Les voyageurs et les coureurs de bois apportaient des « tranches » pour leur usage personnel ou comme outils de troc destinés aux Amérindiens. À la même époque, les traiteurs anglophones, notamment ceux de la Compagnie de la Baie d'Hudson, utilisaient les termes chisel et ice chisel pour désigner le même instrument. Toutefois, sous l'influence du parler des voyageurs canadiens, les traiteurs anglophones travaillant pour le compte de sociétés basées à Montréal ont adopté le terme français tranche pour désigner cet outil. La graphie de l'emprunt a évolué cependant de tranche vers la forme anglicisée de trench, telle qu'elle est attestée dans un document de 1794 (entre autres). L'actuelle forme officielle de Trenche, qui figure dans le toponyme rivière Trenche, peut avoir été influencée par l'anglais trench, mais il peut également s'agir d'un archaïsme graphique, puisque la graphie trenche a déjà été admise en français (voir, par exemple, le Dictionnaire universel de Furetière, publié en 1690). Par ailleurs, le journal de deux voyages sur le Saint-Maurice effectués en 1889 par l'abbé Napoléon Caron confirme la graphie de rivière Tranche .

Source :
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.
Robert Vézina, linguiste, recherches doctorales de juin 2000

Date d'officialisation 1968-12-05

Spécifique Trenche

Générique (avec ou sans particules de liaison) Rivière

Type d'entité Rivière

Région administrative Mauricie

Municipalité régionale de comté (MRC) Hors MRC

Municipalité La Tuque (Ville)

Code géographique de la municipalité 90012

Latitude nord     Longitude ouest 47° 49' 48" 72° 51' 42"

Coordonnées décimales -72.86166      47.83

Carte topographique 1/50 000 31P/15

Carte topographique 1/20 000 31P/15-0101

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Date de la dernière mise à jour : novembre 2018

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