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Barachois

Origine et signification Six entités géographiques sont associées à ce toponyme du canton de Malbaie, à l'extrémité de la péninsule gaspésienne, soit une ancienne municipalité, fusionnée à Percé en 1971, un village, deux hameaux (Barachois-Nord et Barachois-Ouest), une station de chemin de fer et un bureau de poste (Barachois-de-Malbaie). Barrachoa, l'attestation la plus ancienne, semble-t-il, de ce toponyme, se trouve sur la carte du pilote basque Detcheverry en 1689. Toutefois, la plus ancienne attestation connue de ce mot qui identifie également d'autres sites provient d'un rapport de voyage à Terre-Neuve rédigé à Brest en 1676 par le sieur Courcelle, lieutenant de vaisseau : «Aux Ylles S. Pierre, dit-il, le mouillage n'est pas bon pour de gros vaisseaux parce qu'il ne peuvent entrer dans Le barachoy qui est un havre de maré pour les moien batiment». Barachoa et Barachoy sont donc les deux principales graphies de ce toponyme qui se présentera par la suite sous les formes de Barache, Barrachoix, Barrachoye, Barrachoua. Ce mot de barachois qui paraît dans le Nouveau Dictionnaire universel de la langue française de Poitevin (1856), dans le Bescherelle (1863), dans le Grand Dictionnaire universel Larousse (1866) et dans la Nouvelle géographie universelle (1889) d'Élisée Reclus est toutefois absent du Dictionnaire de Trévoux (1743), ce qui laisse supposer que le terme employé par le lieutenant Courcelle en 1676 et qu'on retrouve d'abord aux environs de Terre-Neuve, était déjà probablement un emprunt à une autre langue. Un barachois est une sorte de lagune ou étang voisin de la mer dont il n'est séparé que par une barre ou une chaussée de sable et de gravier parfois percée d'ouvertures. Certains auteurs, pour le décrire, insistent davantage sur la présence de la barre, d'autres sur l'étendue d'eau. Pourtant la définition implique nécessairement la présence des deux éléments. C'est Augustin Jal, l'auteur du Glossaire nautique (1848) qui fait venir barrachoa du portugais barra et choa, ancienne forme de l'adjectif cha¯o ou chan, signifiant uni et sans profondeur, ce qui donnerait terrain plat barré. Cette interprétation est reprise par Geneviève Massignon (1962) qui remarque que l'alternance des graphies oa, oua, avec oix, ois (alors prononcé [wé]) présente dans les textes du début du XVIIIe siècle est une anomalie; cela viendrait, croit-elle, de ce qu'il s'agit d'un mot étranger adapté à la phonétique française. Une autre signification qui n'a qu'une apparence de vérité nous vient de l'abbé Léon Provancher (1871), naturaliste, qui voyait dans barachois les mots barre à choir, c'est-à-dire barre servant à accoster les embarcations. Ces mots prononcés un peu mollement pouvaient donner barachois. Il oubliait cependant que le barachois n'est pas seulement la barre, mais la barre et l'étang. Cette explication qu'on trouve ensuite chez Carmen Roy (1981) est encore utilisée de nos jours, mais elle est moins satisfaisante que la première.

Source :
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

Date d'officialisation 1972-03-28

Spécifique Barachois

Générique (avec ou sans particules de liaison)

Type d'entité Village

Région administrative Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine

Municipalité régionale de comté (MRC) Le Rocher-Percé

Municipalité Percé (Ville)

Code géographique de la municipalité 02005

Latitude nord     Longitude ouest 48° 37' 05" 64° 17' 12"

Coordonnées décimales -64.28667      48.61805

Carte topographique 1/50 000 22A/09

Carte topographique 1/20 000 22A/09-0101

Ancien nom

  • Barachois-de-Malbaie  (Village)

Nouvelle recherche

Date de la dernière mise à jour : décembre 2018

Québec

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