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Plaines d'Abraham

Origine et signification Situées dans la Haute-Ville de Québec, les plaines d'Abraham se confondent, dans l'esprit des gens, avec le parc des Champs-de-Bataille. La loi créant la Commission des champs de bataille nationaux est sanctionnée le 17 mars 1908. Le projet d'aménagement du parc est accéléré en vue des fêtes du tricentenaire de la fondation de Québec. Ce parc occupe une bande de terre de 108 ha dominant le fleuve le long de la falaise et s'étend principalement à l'ouest de la Citadelle sur 2 km de longueur. La confusion, qui n'est pas sans fondement, s'explique notamment par le fait que les plaines d'Abraham, contrairement au parc, n'ont jamais été l'objet d'une délimitation précise. Le terme spécifique de ce toponyme provient du prénom d'un des pionniers de Québec, Abraham Martin, dit l'Écossais (Dieppe, France, vers 1589 - Québec, 1664), pilote du Saint-Laurent et pêcheur en haute mer. En 1663, il possédait une terre nommée « Claire-Fontaine » dans la partie haute de la ville – une rue de Québec qui conduisait à cette ancienne terre a pris ce nom – acquise en deux étapes (1635 et 1645) et vendue en 1675 aux Ursulines par Charles-Amador Martin, prêtre, fils du pilote. Recouvrant le cœur du territoire du quartier de Saint-Jean-Baptiste, elle se localisait sur le bord du coteau Sainte-Geneviève et, de ce fait, était éloignée d'environ 500 m du parc des Champs-de-Bataille actuel. Ce toponyme a d'abord paru sous la forme « Hauteurs d'Abraham », en juillet 1759, dans la Relation de Mr Poulariès envoyée à Mr le marquis de Montcalm. Le militaire note : « La nuit du 18 au 19 [juillet], ils firent passer quatre navires au-dessus de la ville, ce qui nous fit craindre pour cette partie; on envoya des détachements sur les hauteurs d'Abraham jusques au cap Rouge, craignant pour la communication de nos vivres ». Poulariès utilisait donc simplement le générique « Hauteurs » de façon descriptive, comme il le faisait pour désigner les hauteurs de Beauport dans le même rapport. Le toponyme Hauteurs d'Abraham – noté avec un générique pluriel – se voit également à l'ouest des remparts sur le Plan de la ville de Québec et de ses environs en 1759 et, avec un générique singulier, sur une carte de l'ingénieur en chef Patrick Mackellar, en 1760, le titre de sa carte comportant Heights of Abraham. Cette variante anglaise est employée aussi le 3 décembre 1759 par John Knox, capitaine d'un régiment anglais, de même que par un autre officier nommé John Montresor. Hauteurs d'Abraham se retrouvera encore sous la plume de l'écrivain Henry David Thoreau, essayiste américain. La plus ancienne attestation connue du toponyme remonte au 13 septembre 1759 et se présente sous la forme anglaise Plains of Abraham dans The Siege of Quebec and the campaigns in North America, du capitaine John Knox. Jean-Baptiste Duberger notera lui aussi le toponyme sous la forme anglaise en 1808 et Joseph Bouchette utilisera la forme française Plaines d'Abraham en 1815. Par la suite, au XIXe siècle, on trouvera les deux formes, selon l'origine linguistique des cartographes ou des écrivains, sauf exception. Le toponyme Plaines d'Abraham est d'autant plus important qu'il identifie le théâtre de la bataille qui a opposé les armées française et britannique le 13 septembre 1759 et marqué le début de l'étape finale du Régime français en Nouvelle-France. Contrairement à l'opinion commune, véhiculée justement par l'identification approximative du site des plaines d'Abraham avec celui du parc des Champs-de-Bataille, l'essentiel de l'engagement du 13 septembre 1759 s'est déroulé dans la partie nord-ouest du plateau, vers l'avenue De Salaberry et les avenues Cartier et Bourlamaque, à mi-chemin entre l'ancienne terre d'Abraham Martin et le cœur du parc des Champs-de-Bataille. Quoi qu'il en soit, c'est l'ensemble du plateau, situé au sud-ouest du coteau Sainte-Geneviève qui fut cartographié ainsi après 1760. Toutefois, depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, sous la poussée du lotissement, l'espace identifié par le toponyme s'est rétréci jusqu'à désigner, à la fin du XIXe siècle, l'ancienne piste de course située devant le Musée national des beaux-art du Québec. Environ un siècle s'est écoulé entre la mort d'Abraham Martin et l'usage cartographié de son prénom – phénomène assez rare en toponymie – pour nommer ce site majeur. La notoriété du personnage, son prénom biblique peu courant et l'existence d'une « Rüs d'abrahan » (1734) qui joignait sa terre à la Grande Allée – au niveau de l'actuelle rue D'Artigny – constituent des éléments à la source de cette désignation d'origine populaire, précédant d'un certain nombre d'années, impossible à préciser, l'usage cartographique.

Source :
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

Date d'officialisation 1968-12-05

Spécifique Abraham

Générique (avec ou sans particules de liaison) Plaines d'

Type d'entité Parc public

Région administrative Capitale-Nationale

Municipalité régionale de comté (MRC) Hors MRC

Municipalité Québec (Ville)

Code géographique de la municipalité 23027

Latitude nord     Longitude ouest 46° 48' 00" 71° 13' 00"

Coordonnées décimales -71.21667      46.8

Carte topographique 1/50 000 21L/14

Carte topographique 1/20 000 21L/14-0102

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Date de la dernière mise à jour : novembre 2018

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