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Lac Saint-Jean

Origine et signification Sur le plan géographique, le lac Saint-Jean est l'héritier d'un golfe de la mer Champlain qui a pénétré par le Saguenay. Il occupe une dépression limitée par des failles correspondant grossièrement à son bassin-versant et est lui-même installé dans un ombilic d'origine glaciaire barré à l'aval par la barre rocheuse d'Alma. Cette évolution morphologique explique les terrasses marines et l'étendue de ses basses-terres fertiles. Ces caractéristiques expliquent aussi la colonisation, l'aménagement des cours d'eau et le développement de l'industrie dans cette région, et, plus anciennement, celui des voies fluviales vers l'intérieur nordique du pays.

Une des nappes d'eau les plus connues du Québec, le lac Saint-Jean est situé à quelque 250 km au nord de Québec. D'une superficie excédant les 1 040 km², ce bassin, de forme plutôt ovale, possède une longueur de près de 49 km et une largeur de 29 km. Il récolte, entre autres, les eaux des rivières Ashuapmushuan, Mistassini, Péribonka et Métabetchouane tout en constituant la source de la rivière Saguenay.

Une bonne quinzaine de municipalités rurales et de villes, dont Alma et Roberval, se sont établies sur son pourtour depuis le début de la colonisation de la région vers le milieu du XIXsiècle. Le navigateur Jean Fonteneau, dit Alfonse, dans La Cosmographie... de 1544, appelle cette vaste entité hydrographique Mer du Saguenay. En juin 1608, Champlain apprend de ses informateurs amérindiens que le lac représente une étape pour se rendre du Saguenay à la baie d'Hudson, connue alors comme étant la « mer salée » et plus loin « mer du Nort », distante de 40 à 50 journées de Tadoussac. Le jésuite Jean de Quen est le premier Européen à atteindre les rives du lac; dans la Relation de 1647, ce dernier est désigné sous la dénomination Lac Piouagamik. Le groupe innu des Kakouchaks ou Porcs-Épics occupait alors les environs de ce plan d'eau, baptisé Piekouagami, ce qui signifie « lac plat » ou « peu profond », en raison de sa profondeur relativement faible, – 63 m tout au plus – et du peu de relief de son rivage; certains ont traduit ce nom autochtone par « lac dont les rives sont formées par de longues grèves » ou « lac dont les bords sont longs ». Plus tard, en 1652, le père Jean de Quen, fondateur des missions du Saguenay, ajoute : « Le lac que les Sauvages appellent Piagouagami, et que nous avons nommé le Lac de Sainct Iean ». Sans doute utilise-t-il le prénom Jean pour honorer son saint patron.

Lieu de rassemblement et d'échanges pour les Premières Nations, le lac devient rapidement un endroit privilégié par les marchands et les trappeurs désireux d'acheter ou de vendre des fourrures. D'ailleurs, dès 1676, débute l'établissement de postes de traite avoisinant le plan d'eau. Le XIXsiècle et les premières décennies du XXsiècle voient le peuplement de la région et, par le fait même, le développement des activités agricoles et industrielles. Le lac facilite alors le transport des colons et des marchandises d'une rive à l'autre. Des barrages sont construits afin de régulariser ses eaux (1857) et d'alimenter, principalement, l'industrie de l'aluminium en énergie hydroélectrique (1922). Il s'ensuivra quelques inondations, dont une très importante en 1926. Depuis 1955, le lac Saint-Jean est célèbre pour sa traversée internationale. Les nageurs devaient, à l'origine, parcourir la distance séparant Péribonka de Roberval. De nos jours, le trajet suivi par les participants consiste à effectuer un aller et retour entre ces deux villes, à partir de Roberval.

Le mythe habite aussi le lac Saint-Jean. Un monstre serpentiforme, Ashuaps, y aurait été observé depuis au moins les années 1950. Souvent signalé dans la rivière Ashuapmushuan, il n'aurait pourtant fait que peu d'apparitions en public. L'écrivain Jacques Godbout fait d'ailleurs allusion à cette créature dans son roman Isle au Dragon. La vaste demeure d'Ashuaps est aussi celle de la ouananiche, espèce de saumon d'eau douce qui se retrouve en grande concentration dans le lac, et, en période de frai, dans la rivière Ashuapmushuan.

Une région et une circonscription électorale portent aussi le nom Lac-Saint-Jean.

Notons que selon la communauté innue de Mashteuiatsh – la seule communauté autochtone au Saguenay–Lac-Saint-Jean – Pekuakami, et non Piekouagami, est le nom ilnu qui désigne l'immense étendue d'eau que constitue le lac Saint-Jean; cela s'explique par l'absence de la lettre g dans leur alphabet.


Source :
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

Date d'officialisation 1968-12-05

Spécifique Saint-Jean

Générique (avec ou sans particules de liaison) Lac

Type d'entité Lac

Région administrative Saguenay–Lac-Saint-Jean

Municipalité régionale de comté (MRC) Lac-Saint-Jean-Est

Municipalité Alma (Ville)

Code géographique de la municipalité 93042

Latitude nord     Longitude ouest 48° 35' 40" 72° 01' 50"

Coordonnées décimales -72.03056      48.59444

Carte topographique 1/50 000 32A/09

Carte topographique 1/20 000 32A/09-0102

Ancien nom

  • Lac Piaquagami

Nouvelle recherche

Date de la dernière mise à jour : mars 2019

Québec

© Gouvernement du Québec, 2012