Retour aux résultats Version imprimable

Les Escoumins

Origine et signification La présence d'une kyrielle de plans d'eau, de vastes étendues de sable de même que la possibilité d'observer la baleine bleue – le plus gros mammifère de son espèce – ou de pêcher la morue sur le fleuve, attirent aux Escoumins nombre de vacanciers à la recherche de soleil et de bains de mer. D'ailleurs la position géographique de cette municipalité nord-côtière qui donne sur le Saint-Laurent, à 40 km environ au nord-est de Tadoussac, entre Bergeronnes et Saint-Paul-du-Nord, favorise cette vocation axée sur la villégiature et les joies du plein air.

Avant tout cependant, le nom même de cette entité, également attribuée au bureau de poste, a suscité de nombreux commentaires. Traditionnellement, on s'est accordé à y voir le terme innu iskomin, de isko ou ishko, « jusqu'ici », « jusque-là », et min, « graines rouges », « petits fruits sauvages » en général, d'où « il y a beaucoup de graines », « jusque-là il y a des fruits, des graines »; ces graines, un peu plus petites que les atocas, sont appelées cranberries ou foxberries par les anglophones et pommes de terre par les gens de la rive sud. Ces fruits rouges, proches de l'airelle ou du bleuet, tapissent les rochers et garnissent les plaines de mousse. Ils ont la particularité de passer l'hiver sous la neige tout en conservant leur belle couleur vermeille jusqu'au printemps. Jadis, les Innus qui fréquentaient ces parages, reconnus comme le berceau amérindien de la Côte-Nord, ayant épuisé leurs réserves de nourriture au cours de l'hiver, affirmaient aller aux eskomins au printemps, à la recherche des petits fruits et ainsi le nom s'est peu à peu implanté dans l'usage.

Plusieurs graphies comme Uscamin, Les Escoumains, Essuie-Mains, L'Esquemin, Lesquemin, Leschemin (Champlain, 1629), L'Esquemain, Lesquemain (carte de Champlain de 1611 et autres textes de 1626), etc., se sont succédé au fil des siècles, et les plus anciennes mentions de ce nom remontent au début du XVIIsiècle (Hakluyt, auteur d'une mappemonde; carte de Levasseur de 1601, qui porte la forme Escanimes; contrat passé à Saint-Jean-de-Luz en 1604 qui comporte la graphie rare Esguenim). Le texte de Champlain de 1603, qui fournit une très bonne description de l'endroit, mérite d'être reproduit, malgré sa longueur : « Puis, allant à l'Efquemin, vous rencontrez deux petites ifles baffes & vn petit rocher à terre. Ces dictes ifles font enuiron à demy lieuë de Lefquemin, qui eft vn fort mauuais port entouré de rochers & affeche de baffe mer. Et faut varifer pour entrer dedans au derriere d'vne petite poincte de rocher, où il n'y peut qu'vn vaiffeau. Vn peu plus haut, il y a vne riuiere qui va quelque peu dans les terres; c'eft le lieu où les Bafques font la pefche des ballaines. Pour dire verité, le port ne vaut du tout rien. »

Selon une théorie plus récente, fondée sur la présence de Micmacs jadis sur la Côte-Nord, il faudrait voir dans cette appellation une déformation du terme micmac eskumunaak, « lieu de guet ». Par ailleurs, d'autres sources avancent que l'endroit porte le nom d'Essipit en langue innue, dénomination signifiant « rivière aux coquillages ». Historiquement, les Basques auraient été les premiers Blancs à fréquenter les lieux puisqu'ils hantaient l'estuaire du Saint-Laurent dès le premier tiers du XVIsiècle. Les premiers Escouminois, blasonnés par la suite comme les Renards, arrivent vers 1825, mais c'est en 1845 que le village prend forme vraiment grâce à de nombreuses familles de la Côte-du-Sud, notamment de Trois-Pistoles, Rivière-Ouelle, Rimouski ainsi qu'un groupe de Charlevoisiens qui s'y installent. Le commerce du bois permettra aux Escoumins de se développer rapidement et d'accéder au titre de municipalité en 1863, sous l'appellation Les Escoumains, rectifiée en Les Escoumins à compter de 1957. Toutefois, l'endroit a longtemps porté le nom parallèle de Bon-Désir et le père Laure, missionnaire sur la Côte-Nord de 1720 à 1738, mentionne l'érection d'une croix, en 1723, en l'honneur de Notre-Dame de Bon-Désir. Il assurera les services religieux à la mission identifiée comme Saint-Marcellin la même année, laquelle sera érigée en paroisse seulement en 1946. Quant à la présence de l'article initial dans le toponyme, on peut résumer la situation ainsi : à l'origine, il ne figurait pas (Escoumins et variantes), puis il apparaît sous la forme élidée L'Escoumins aux XVIIe et XVIIIsiècles, pour être fixé sous la forme plurielle Les Escoumins à partir du XIXsiècle.


Source :
Noms et lieux du Québec, ouvrage de la Commission de toponymie paru en 1994 et 1996 sous la forme d'un dictionnaire illustré imprimé, et sous celle d'un cédérom réalisé par la société Micro-Intel, en 1997, à partir de ce dictionnaire.

Date d'officialisation 1986-11-06

Spécifique Les Escoumins

Générique (avec ou sans particules de liaison)

Type d'entité Municipalité

Région administrative Côte-Nord

Municipalité régionale de comté (MRC) La Haute-Côte-Nord

Municipalité Les Escoumins (Municipalité)

Code géographique de la municipalité 95025

Latitude nord     Longitude ouest 48° 21' 00" 69° 24' 00"

Coordonnées décimales -69.4      48.35

Carte topographique 1/50 000 22C/06

Carte topographique 1/20 000 22C/06-0101

Ancien nom

  • Escoumins  (Municipalité)

Nouvelle recherche

Date de la dernière mise à jour : décembre 2018

Québec

© Gouvernement du Québec, 2012